Biographie

Claire Merlin

 La vie est pleine de surprises, pas toujours bonnes…. En 2002, à l’aube de mes 40 ans, j’apprends que j’ai perdu une partie de mon audition : le sol s’effondre sous mes pieds. Mais le pire est à venir : je subis une mobilité forcée de la part de mon employeur et me retrouve dans le même temps employée sur un premier, puis un second centre d’appels.

Ma quête de sens devient alors éminemment vitale, car je suis en perte profonde de sens. Non seulement je perds l’audition et développe des acouphènes chroniques – je perds définitivement le silence – mais en plus, et d’une manière dramatique, il m’est impossible de me définir en tant que déficiente auditive au sein de l’entreprise qui m’emploie, puisque j’exerce une activité qui nie complètement la réalité de ma situation de handicap.

A ce moment-là, dans une confusion identitaire majeure, nourrie par une profonde souffrance physique et psychologique subie, la Claire qui suivait les règles décide de ne plus les suivre. Je réalise alors profondément le danger de la soumission et jusqu’où elle peut mener si on ne la pense pas.

En 2006, je décide alors de mettre ma révolte et ma rage de vaincre l’aberration de ma situation par ce que je possède de plus précieux : mes neurones. J’entreprends alors un DHEPS (Diplôme des Hautes Etudes des Pratiques Sociales) à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) et obtiens le master en 2008. Je continue ma réflexion intellectuelle et opérationnelle par un Master de Psychosociologie à Paris Diderot (Paris 7), en me formant notamment aux Théories et Pratiques d’Intervention dans les Organisations : j’obtiens le diplôme de psychosociologie en 2009, au moment-même où la crise sociale majeure qui se vit dans l’entreprise est largement médiatisée.

Parallèlement, au fil de ma réflexion universitaire, je m’engage dans des associations en faveur des personnes en situation de handicap. Grâce au travail autobiographique réalisé à l’université, je reconstruis les morceaux du puzzle de ma vie et retrouve l’estime de moi-même que j’avais tant perdue.

Alors que j’avais repris les études pour penser ma situation de travail, je développe finalement une expertise face aux représentations sociales véhiculées sur les personnes en situation de handicap. J’intègre une posture distanciée, qui est ma posture quotidienne, pour comprendre, ne pas juger, accompagner, les personnes en situation de handicap ou pas.

Après avoir occupé la fonction de chargée de mission handicap, j’intègre une antenne Cap Emploi et accompagne des personnes en situation de handicap et de chômage.  Parallèlement, je suis élue administratrice de l’Adapt.

Riche des rencontres que j’ai faites au fil des années, et de mon expertise, je crée RECIT’H.

RECIT’H, ce sont des Récits de Vie autour du Handicap, mais plus encore de l’Humain.

RECIT’H, c’est Remettre en sens, Ecouter, Comprendre, InTégrer le Handicap et surtout l’Humain.

RECIT’H, c’est mettre en oeuvre une posture quotidienne « je dis – je pense – j’agis », dans la co-construction, à partir d’évènements porteurs de sens et initiateurs du pouvoir d’agir.